WASH in Schools : État des
Infrastructures à Minova, RDC
Introduction
L’accès à l’eau
potable, aux toilettes et à l’hygiène est un élément fondamental pour garantir
un environnement scolaire sûr et propice à l’apprentissage. Dans le cadre de
l’éducation en situation de crise et de renforcement de l’apprentissage, le
projet LEGO, financé par la LEGO Foundation via SCI, a entrepris
une initiative visant à améliorer les conditions scolaires dans la zone de
santé de Minova, province du Sud-Kivu, République Démocratique du Congo
(RDC).
L’évaluation
des besoins menée par l’équipe de APEDC‑RDC a couvert 15 écoles
réparties sur 5 aires de santé, avec pour objectif d’identifier les lacunes
dans les infrastructures WASH (Water, Sanitation and Hygiene) et de proposer
des interventions ciblées pour améliorer la santé et le bien-être des élèves.
Contexte
La région de
Minova, située dans le territoire de Kalehe, est caractérisée par une forte
densité scolaire et des infrastructures limitées. Les écoles sont souvent
rurales, avec des élèves venant de communautés vulnérables, pour qui l’accès à
l’eau potable et à des installations sanitaires adéquates reste un défi majeur.
Les conditions
actuelles contribuent à des taux élevés de maladies hydriques, des absences
fréquentes et une baisse générale des performances scolaires. Dans ce contexte,
renforcer les infrastructures WASH est une priorité pour améliorer la qualité
de l’éducation et la santé des enfants.
Objectifs de l’évaluation
L’évaluation
menée par APEDC-RDC visait à :
- Identifier l’état actuel des infrastructures WASH
dans les écoles ciblées.
- Évaluer les besoins en eau potable, latrines et
points de lavage des mains.
- Mesurer les impacts de l’insuffisance des
infrastructures sur l’apprentissage et la santé.
- Proposer des interventions concrètes pour
améliorer les conditions scolaires et sanitaires.
Méthodologie
L’équipe de APEDC-RDC
a utilisé une approche combinant :
- Observation directe des infrastructures scolaires (latrines, points d’eau, zones de
lavage des mains).
- Entretiens avec les enseignants et responsables
scolaires pour comprendre les défis quotidiens.
- Questionnaires auprès des élèves sur leurs habitudes d’hygiène et les difficultés rencontrées.
- Analyse des données pour identifier les priorités d’intervention par école et par type
d’infrastructure.
Écoles ciblées et localisation
Les écoles
évaluées et leur localisation sont les suivantes :
- EP Kiata – Aire de
santé de Kishinji
- EP Bera – Aire de
santé de Buhumba
- EP Mulala – Aire de
santé de Buhumba
- EP Vahe – Aire de
santé de Buhumba
- EP Buhamba – Aire de
santé de Buhumba
- EP Kirehe – Aire de
santé de Bwisha
- EP Mutugirwa – Aire de
santé de Bwisha
- EP Chanyi II – Aire de
santé de Bulenga
- EP Nyundo – Aire de
santé de Bulenga
- EP Mulongo – Aire de
santé de Minova
- EP Minova – Aire de
santé de Minova
- EP Kea – Aire de
santé de Minova
Ces écoles sont
principalement situées le long de la Route Nationale 2 (RN2) ou accessibles
via le lac Kivu dans certaines zones isolées.
Résultats détaillés de l’évaluation
1. Accès à l’eau potable
- La majorité des écoles disposait de sources d’eau
limitées, souvent insuffisantes pour le nombre d’élèves.
- Dans certaines écoles, les puits existants sont
hors service ou contaminés, obligeant les élèves à se déplacer sur de
longues distances pour se procurer de l’eau potable.
- La qualité de l’eau est préoccupante, avec des
risques élevés de maladies hydriques.
2. Assainissement et latrines
- Le ratio latrine/élèves est largement
insuffisant, certaines écoles ayant moins de 1 latrine pour 50 élèves.
- Les latrines existantes sont souvent en mauvais
état, non hygiéniques, et manquent de séparation par genre.
- Le manque de latrines fonctionnelles entraîne un
recours à des pratiques insalubres, augmentant le risque de maladies et
affectant la fréquentation scolaire, en particulier pour les filles.
3. Hygiène et lavage des mains
- La plupart des écoles ne disposent pas de points
de lavage des mains ou de savon.
- Les élèves n’ont pas l’habitude de se laver les
mains régulièrement, ce qui augmente les risques de propagation des
maladies.
- L’éducation à l’hygiène reste faible, et la
sensibilisation sur le lavage des mains après les toilettes est quasi
inexistante.
Impacts sur l’apprentissage
Les déficits en
infrastructures WASH ont un impact direct sur les élèves :
- Maladies fréquentes : Mpox, diarrhée, infections respiratoires et parasitaires,
entraînant des absences régulières.
- Découragement scolaire : un environnement insalubre réduit la motivation à fréquenter
l’école, surtout pour les filles pendant leurs règles.
- Performance académique réduite : la santé affecte la concentration et la participation en classe.
Témoignages de terrain
Des enseignants
et élèves ont exprimé leur inquiétude :
« Les enfants doivent parfois marcher plus de 500 mètres pour boire de
l’eau potable. Cela affecte leur concentration et leur énergie en classe. » – Directeur d’école à Mulala.
« Nous n’avons pas assez de latrines et celles existantes sont sales.
Beaucoup d’élèves préfèrent rester à la maison pendant la période menstruelle.
» – Enseignante, EP Kiata.
Recommandations et perspectives
Pour améliorer
les conditions scolaires, les interventions suivantes sont prioritaires :
- Réhabilitation et construction de puits et
sources d’eau potable dans chaque école.
- Construction de latrines fonctionnelles et
séparées par genre.
- Installation de points de lavage des mains avec
savon et eau propre.
- Sensibilisation des élèves et du personnel sur
l’hygiène et la santé.
- Suivi régulier et maintenance des infrastructures pour garantir leur durabilité.
Ces mesures
permettront de créer un environnement scolaire sain et sûr, de renforcer la
fréquentation et la rétention des élèves, et de réduire les maladies hydriques.
Conclusion
L’évaluation
menée par APEDC-RDC dans le cadre du projet LEGO met en lumière
des besoins urgents en infrastructures WASH dans les écoles de Minova. En
agissant rapidement et efficacement pour améliorer l’accès à l’eau potable, aux
latrines et à l’hygiène, il est possible de créer un environnement propice à
l’apprentissage et au développement des enfants, tout en renforçant la
résilience des communautés locales face aux défis sanitaires.
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